C’est vrai, je suis d’accord avec vous : le titre fait un peu présomptueux… Très certainement, chaque accouchement doit être unique en son genre. Mais ce que je veux dire à travers ce titre, c’est que le jour J, absolument rien ne s’est passé comme j’avais pu l’imaginer ! Et pourtant, j’en avais fait des scénari …

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Un bébé en siège

A vrai dire, ça a commencé déjà au 7ème mois, quand mademoiselle dans mon ventre a pris la décision de se mettre dans la mauvaise position, dite « en siège » (fesses vers le bas, alors que la plupart des bébés sortent la tête la première). J’ai tout essayé pour faire en sorte qu’elle se retourne ! Oui oui, sur internet, on trouve plein d’idées, mais ils ne précisent pas que ça marche forcément… Avec le casque de musique sur le ventre en essayant de faire en sorte que bébé suive la musique, ou même méthode avec des poches chaudes, ou à l’inverse des poches froides (beaucoup moins agréable pour moi !), dormir toute une nuit inclinée, les pieds en l’air et la tête vers le bas (je ne vous dis pas la migraine le lendemain…)… Comme aucun de ces remèdes bon enfant n’a fonctionné, 1 mois avant la date présumée de l’accouchement, je suis allée à la maternité pour faire une VME (version de manoeuvre externe). C’est une manipulation faite par la gynécologue qui consiste a essayer par la force de retourner le bébé en appuyant très fort à certains endroits du ventre pour le faire tourner. Cependant en moyenne cette méthode a 50% de chance de réussite, et c’est quelque chose d’extrêmement douloureux (mon visage a quand même tourné au violet et a gardé cette magnifique couleur pendant les 3 heures qui ont suivi !). Malheureusement pour moi, rien n’y a fait ! Cette petite poupette avait déjà un sacré caractère et elle n’a rien voulu entendre…c’est que cette position devait être bien confortable !

Alors, c’est sur, que pour un premier bébé, jamais je n’aurai imaginé devoir accoucher en siège, et comme la mise au monde était pour moi une grande première, cela m’a beaucoup angoissée. Est-ce que j’allais réussir ? Est-ce que j’aurai la force ? Ce qui m’a rassurée, c’est que quand on est dans un cas comme le mien, l’avantage est qu’on est beaucoup plus encadrée et tout est beaucoup plus contrôlé. Je me suis donc sentie finalement en sécurité. On m’a fait passer un scan du bassin pour vérifier qu’il soit suffisamment large pour laisser passer un bébé dans cette position atypique. On m’a également laissée le choix de faire une césarienne ou pas. Bref, ainsi j’ai su que physiquement j’avais toutes les chances de mon côté pour que ça se passe bien, et que même au dernier moment, si la panique m’envahissait et que je ne me sentais pas capable, je pouvais opter pour la césarienne.

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Le départ à la maternité

Forte de tout ça, j’attendais donc patiemment le jour J, et ces fameux signes qui annoncent le début du travail. Je surveillais la moindre contraction, j’attendais de voir si j’allais perdre les eaux… Rien. Une semaine avant le terme, j’ai eu une journée où je me suis sentie très fatiguée. ça faisait 2 mois que je dormais peu et que je n’en ressentais pas le besoin, et ce  jour là je me suis endormie d’un seul coup dans le canapé le matin, pendant 2h. Je me sentais épuisée, et puis je me suis rendue compte que je n’avais pas senti le bébé bouger dans mon ventre depuis la veille, ce qui m’a un peu inquiétée… Alors j’ai envoyé un petit texto à mon mari pour lui dire « ce soir ne rentre pas trop tard, j’aimerai bien aller faire une petite échographie de contrôle à la maternité, je ne me sens pas comme d’habitude ». Mais je ne me suis pas affolée plus que ça, il n’y avait aucun signe annonciateur. L’après-midi, épuisée, je me suis rendormie 2h (moi qui n’arrive plus à faire de siestes depuis des années !…)

Mon mari est arrivé tranquillement sans se presser vers 19h30, m’a demandée s’il avait le temps de manger un petit morceau avant, ce à quoi j’ai répondu « bah non, on y va tout de suite, de toute façon on n’en a pas pour plus d’1h ! Bon on prend quand même la valise de maternité au cas où ils décident de me garder ! ». On est monté dans la voiture, on a fait 500 mètres, et là les contractions ont commencé, les vraies ! La poupette avait patiemment attendu que papa finisse sa journée de travail pour se manifester ! Arrivés à la maternité, je ne savais plus trop quoi expliquer au sage-femme qui est venu s’occuper de moi : échographie de contrôle ? contractions fortes et régulières ? Après auscultation, le verdict est tombé : « bon et bien madame, c’est pour cette nuit ! ». J’ai regardé mon mari dépitée : on n’avait pas pris le temps de manger… J’ai bien demandé au sage-femme si on avait le temps d’aller manger un truc rapide « genre McDo » mais il m’a regardée d’un air effaré en ne sachant si j’étais sérieuse ou si je plaisantais (la vérité c’est que je mourrais de faim !), et me l’a fortement déconseillé, sauf si je voulais vomir tout mon repas pendant l’accouchement…ça, c’est dit ! C’est ainsi qu’à débutée cette merveilleuse nuit !

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Cette nuit là

Et oui, je dis bien cette MERVEILLEUSE nuit ! Moi qui avait si peur de l’accouchement, qui redoutait tant la douleur ou de ne pas être à la hauteur, j’ai passé la nuit la plus irréelle et la plus belle de ma vie ! Parce que Magique, parce que Unique, parce que Indescriptible.

Mon mari a été tellement présent et intentionné. Inquiet mais sans le montrer. On était tous les deux si excités, si impatients, devant l’inconnu, et dans l’attente de cette rencontre avec notre enfant ! Les contractions étaient douloureuses, certes, mais comme je savais que c’était pour la bonne cause et que c’était signe que le travail avançait bien, j’encaissais plus facilement la douleur. Le plus impressionnant, c’était la transition entre ces phases de douleur intenses, et les phases entre contractions où la douleur disparaissait aussi vite qu’elle était apparue. Pendant ces laps de temps, on parlait tout le deux comme si de rien n’était, on a eu des fous rires, on a passé de très bons moments, jusqu’à la prochaine contraction où je rentrait à nouveau en « transe » pendant 1 minute, où le voile noir tombait devant me yeux et où la seule chose qui comptait devenait ma concentration sur ma respiration… Finalement le temps est passé beaucoup plus vite que je l’imaginais ! A 1h30 du matin, on est venu me poser la péridurale (comme le bébé était en siège, je n’avais pas le choix, c’était obligatoire), ce qui m’a quand même bien soulagée je dois l’avouer et m’a permis de me reposer pendant quelques heures (la pose de la péridurale ralentit le travail et donc allonge la période d’attente, c’est le point négatif…).

A 10h du matin, on est venu me rompre la poche des eaux qui n’avait pas l’air de vouloir se rompre d’elle même, et on m’a dit qu’on allait se mettre au travail. Comme le bébé était en siège, il y avait pas mal de monde qui était là soit pour assister, soit pour observer. Ce n’est pas un sage-femme qui m’accouchait, même s’il y en avait dans la pièce, mais une gynécologue. Moi qui suis assez pudique, je pensais que j’allais être trop mal à l’aise d’être ainsi devant tant de personnes et que cela m’empêcherait de faire les choses correctement…mais toute l’attention est tellement centralisée sur le bébé à venir qu’en fin de compte, on n’a pas le temps de penser à tout ça ! Pendant la poussée, je me suis découvert des forces que je ne soupçonnais même pas. Je ne sais même pas combien de temps je suis restée à souffler sans inspirer. J’avais tellement peur que ce bébé en siège qui ne faisait rien comme tout le monde n’arrive pas à sortir, que je m’en suis oubliée et ait puisée dans les ressources les plus profondes que je pouvais avoir, jusqu’à voir le médecin brandir ce petit être et le poser contre moi, jusqu’à sentir cette vague d’amour me submerger, me transpercer, jusqu’à ce que mes yeux débordent de larmes devant cet enfant qui était le mien et qui poussait son premier cri en s’accrochant à moi. Je n’aurais jamais pensé qu’un tel sentiment était possible, que tant d’émotions pouvait nous traverser en une même seconde, et que ce moment serait si incroyable… Le plus beau jour de ma vie !

Et puis moi qui m’était attendue et préparée à ce que ce bébé ne soit pas forcément très beau à la naissance, surement tout rouge et tout fripé, chétif et dégarni, je me suis alors retrouvée face à ma fille, si belle, toute rose, la bouche en coeur, avec de jolis cheveux noirs et des traits bien dessinés… et ça a été le début d’une très belle histoire, de l’histoire de notre famille à tous les 3, avec beaucoup d’amour et de beaux moments partagés, des découvertes et  des émerveillements quotidiens.

Pour ne rien faire comme tout le monde, petite Jade est née le 20 mars 2015, pile pendant l’éclipse solaire qu’il y a eu ce jour là. Naitre en siège un jour sans soleil, c’est sur que ce n’est pas commun ! Mais ce qui est sur, c’est qu’elle a illuminé à elle seule notre journée, et notre vie depuis cet instant là ♥♥♥

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JADE // 1 Jour

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Si j’ai voulu partager ce moment avec vous, c’est pour toutes les futures mamans qui sont angoissées par ce jour si important et si plein d’inconnu. Moi aussi je l’étais, et c’est surement normal quand on ne sait pas à quoi s’attendre. Mais malgré tous les imprévus qui en plus se sont rajoutés ce jour là, je voulais témoigner de la beauté de l’instant et vous dire que nous avons la chance d’être bien encadrées, que la nature est bien faite et qu’il faut croire en vous et en vos ressources, qu’il n’y a pas de raison que ça se passe mal ! Et je vous souhaite à toutes de vivre un accouchement aussi beau que celui que j’ai eu la chance d’avoir !..

1 Comment

  1. Je découvre ton blog, et surtout ton récit de l’accouchement qui me rappelle tant le mien (non pas qu’il était pareil, je parle juste de ce moment fabuleux !).

    J’ai beaucoup souri quand tu parlais de tes tentatives de retourner Bébé, j’imagine tout à fait la scène haha !

    Ton blog fait désormais partie de ma liste de lecture, c’est une certitude !! Je cours découvrir les autres articles !

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