Cet article, ça fait un moment qu’il me trotte dans la tête sans que je sache par où débuter… finalement, j’ai décidé de me lancer et de tout simplement commencer par le début !

L’allaitement : un si joli mot pour parler de ce lien si fort qui uni une mère nourrissant son bébé. Depuis toujours, je considère l’allaitement  comme une des merveilles de la nature et comme quelque chose de normal et de inné. Il ne mettait jamais venu à l’idée qu’un jour peut être, lorsque l’occasion se présenterait, je n’allaiterai pas…

Pourtant, à la fin de ma première grossesse, quand tout commençait à s’organiser pour l’arrivée de little baby et que les choses se mettaient doucement en place, j’ai ressenti comme un malaise concernant l’allaitement… je ne me sentais pas du tout l’envie de donner le sein à mon bébé, pire même : cela m’horrifiait sans même que je sache pourquoi, alors que j’avais toujours trouvé ça magnifique !.. Chez les autres oui, mais pas chez moi… Mais pourquoi ? Quel était mon problème ?

J’ai été prise d’un énorme sentiment de culpabilité. Cela voulait peut être dire que je n’avais pas l’instinct maternel ? Que je serai une mauvaise mère ? Que je n’étais pas prête pour la maternité ? J’ai été assaillie par une multitude de doutes et d’angoisses alors que l’arrivée de bébé était imminente…

allaiter ou ne pas allaiter : telle est la question !

J’ai eu l’occasion d’en discuter avec une sage-femme formidable qui m’a suivie lors de mes séances de préparation à la naissance et à la parentalité (je compte d’ailleurs faire prochainement un article sur cette étape qui me semble importante durant la grossesse). Cette discussion m’a permis de trouver une réponse très simple à toutes mes questions et de comprendre ce qui se passait en moi. Elle m’a simplement posé la question : « pourquoi ? » Et la réponse que je n’avais alors pas encore est sortie spontanément de ma bouche, d’un seul coup, aussi vite que je réalisais enfin le pourquoi du comment : « une grossesse dure 9 mois, et ça fait 7 mois que je suis malade, j’ai tout enchainé ! Ce bébé, je l’attends avec beaucoup d’amour et j’ai très hâte de le rencontrer et de me consacrer entièrement à lui. Seulement, mon corps est fatigué, et je veux le retrouver, ME retrouver, je ne veux plus le partager avec ce bébé. Je suis prête à tout donner à ce bébé, mais pour ça, j’ai besoin d’être MOI, et après ces longs mois difficiles je ne suis pas sûre d’y arriver si je ne retrouve pas un minimum mon intimité ! ».

Voilà, un simple pourquoi m’a permis de me rendre à l’évidence : je n’étais pas prête à plus de sacrifices physiques pour mon enfant. Pour l’accueillir, j’avais simplement besoin de me sentir bien et moi-même, et c’est peut être cela le plus important ! Mylène, ma sage-femme, m’a rassurée aussi en m’expliquant qu’il valait mieux nourrir son bébé au biberon mais avec plaisir et amour, plutôt que l’allaiter à contre-coeur pour finalement en vouloir au bébé par la suite. Cela m’a convaincue qu’il fallait avant tout s’écouter et se sentir en accord avec soi-même pour faire les choses le mieux possible : l’instinct maternel, finalement, c’est surtout ça ! Savoir s’écouter et prendre les décisions qui paraissent le mieux pour nous comme pour le bébé.

Nous avons continué cette discussion avec une autre question qui me brûlait les lèvres maintenant que le fait que je ne voulais pas allaiter mon bébé me paraissait évident et justifié : « pourquoi ce sentiment immense de culpabilité ? ». Cette fois encore, Mylène a su trouver les mots justes à travers une explication qui aujourd’hui me semble pourtant évidente mais qui à ce moment là ne l’était pas du tout : la société. Ce sentiment de culpabilité venait directement de la société, du regard des gens, des slogans qu’il y a partout. Combien de personnes m’ont demandées pendant ma grossesse : « tu compte l’allaiter jusqu’à quand ? » et ben non, je ne compte pas l’allaiter du tout, désolée mais cela reste un choix personnel, parce que oui : j’ai le choix ! Et de me marteler : « c’est quand même mieux pour l’enfant »… Et si le bien-être de l’enfant passait par le bien-être de sa mère ?!! Et puis d’entendre dans toutes les publicités de puériculture que l’allaitement maternel reste ce qu’il y a de plus sain et de plus important pour le bébé, que cela lui permet de faire ses anticorps et d’avoir tout ce qu’il faut dans son alimentation ! Bien sûr, je suis d’accord, l’allaitement maternel est forcément quelque chose de très bénéfique : c’est la nature, c’est ce qui est le plus naturel au monde, et la nature est bien faite c’est bien connu ! Mais à force de l’entendre dire, on finit par totalement culpabiliser les femmes qui ne peuvent pas (il y en a beaucoup et ce n’est pas forcément un choix !) ou qui ne veulent pas allaiter. Et ça, je trouve que c’est problématique : nous sommes des femmes, pas des objets, et nous avons le droit de choisir. Le fait que je n’allaite pas ne change en rien mon regard sur les femmes qui font un autre choix : j’ai énormément d’admiration pour les femmes qui allaitent, je trouve ça dommage que dans le sens inverse ce soit parfois une sorte de mépris envers celles qui comme moi font le choix de ne pas le faire… ce n’est pas le cas de tout le monde heureusement : j’ai énormément d’amies qui ont eu un bébé en même temps que moi et qui allaitaient, et qui ne m’ont absolument pas jugée sur mon choix !

Toujours est-il que le fait de réaliser pourquoi je ne voulais pas allaiter et pourquoi cela me faisait culpabiliser m’a permis de retrouver ma sérénité et ma confiance en moi ! J’ai adoré donner le biberon à ma fille, ça a été de très beaux moments de complicité et d’amour. Aujourd’hui elle a 1 an, est plus grande que la moyenne et est en parfaite santé. Elle est toujours de bonne humeur et souriante, et même si elle commence manger seule, pour son biberon du matin, c’est dans mes bras qu’elle veut le prendre ! Aujourd’hui, je ne regrette pas mon choix, car c’est ce qui était le mieux pour mon cas et mon ressenti, et je suis heureuse d’avoir réussi à prendre cette décision.

Je voulais partager tout ça avec vous dans le cas où vous viviez la même situation que moi. Quel que soit le choix que vous fassiez, il doit être respecté et vous n’avez pas à avoir honte : une femme qui allaite, c’est magnifique ! Une femme qui n’allaite pas, c’est qu’elle est assez lucide pour savoir qu’elle ne veut pas pour telle ou telle raison, ou assez courageuse pour reconnaitre qu’elle n’y arrive pas ou qu’elle ne peut pas et réussir à l’affronter… En aucun cas cela veut dire qu’on est moins mère ou moins bien ! Cela veut simplement dire que l’on sait s’écouter et prendre les meilleures décisions qu’il soit pour notre enfant !

allaiter ou ne pas allaiter : telle est la question !

4 Comments

  1. J’ai également choisi de ne pas allaiter… Mais le personnel de l’hôpital m’a beaucoup culpabilisé.
    Et aussi quelques personnes de mon entourage. Je trouve ça regrettable qu’aujourd’hui encore des femmes soient jugées sur leur décision d’allaiter ou non.
    Allaiter ne fait pas des femmes des mères merveilleuses !

    • anneappy Reply

      Oui c’est dommage d’être souvent stigmatisées pour ça, au lieu d’être accompagnées… J’espère que malgré tout, tu as réussi toi aussi à surmonter la culpabilité que cela pouvait produire ;) !

  2. J’allaite toujours ma fille qui a 17 mois. A chaque difficulté rencontrée durant mon allaitement, on me poussait à arrêter et passer au biberon. Dommage que des professionnels aient des convictions si affirmées dans un sens ou l’autre… J’ai finalement trouvé chaussure à mon pied : une conseillère en lactation.
    En vous souhaitant à toutes la même chose !

    • anneappy Reply

      Et oui : dans tous les cas le mieux est de se sentir soutenue et accompagnée, quelque soit la décision prise :-) ! Contente que toi aussi tu ais finalement trouvé quelqu’un pour t’aider dans ton parcours de jeune maman !

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